Pour une rente permettant de vivre décemment

Pour une rente permettant de vivre décemment

« Le système suisse de sécurité sociale comprend cinq domaines: la prévoyance vieillesse, survivants et invalidité, la couverture d’assurance en cas de maladie et d’accident, les allocations pour perte de gain en cas de maternité ou de service civil ou militaire, l’assurance-chômage et les allocations familiales.

Taux de pauvreté en 2017 selon différentes caractéristiques

Taux de pauvreté en 2017 selon différentes caractéristiques

Le système de rentes est divisé en trois piliers: le premier pilier concerne l’assurance-vieillesse et survivants (AVS) et l’assurance-invalidité (AI). Il est obligatoire et consiste en une cotisation versée à parité par les employés et les employeurs. Le deuxième pilier est la prévoyance professionnelle, il est également obligatoire pour les employé·e·s à partir d’un revenu de 21’150 francs. Le troisième pilier est entièrement facultatif, il s’agit d’une prévoyance individuelle. »(1)

Aujourd’hui, pour une personne seule, le montant minimum de la rente AVS est de 1185 francs et le montant maximum est de 2370 francs. Le montant pour un couple est de 150 % du montant individuel, soit 3555 francs au maximum. Il y a de nombreuses conditions pour ne pas remplir les critères permettant de ne pas toucher la rente maximale et cela même si l’on touche une rente complète. Les bas revenus, le temps partiel, les périodes sans emploi, le fait de ne pas être marié sont les causes principales de ne pouvoir bénéficier de la rente maximale.

La prévoyance professionnelle est obligatoire pour les salariés déjà soumis à l’AVS et qui perçoivent un revenu annuel d’au moins 21’150 (depuis 2015) et 21’330 (dès 2019). Il s’agit du à la prévoyance professionnelle obligatoire. Ce montant correspond aux 3/4 de la rente de vieillesse maximale versée par l’AVS(2).

Les montant découlant de la prévoyance professionnelle peuvent être très variable et souvent pour les personnes dont les revenus sont modestes, qui travaillent à temps partiel, ils n’apportent qu’un complément minime à la rente AVS. Et pour bénéficier d’une rente, il est indispensable de travailler juste au moment de prendre la retraite ; une personne sans emploi ne touchera que le capital, qui ne lui assurera qu’une rente dont le montant sera au mieux de 25 % de celui qui était travailleur·euse.

En 2017 en Suisse, le seuil de pauvreté se situait en moyenne à 2259 francs par mois pour une personne seule et à 3990 francs par mois pour un ménage avec deux adultes et deux enfants de moins de 14 ans. 219’000 personnes de 65 ans et plus qui sont pauvres, soit 15 % des personnes de 65 et plus et 32 % des personnes pauvres(3).

On le voit, une frange importante de la population en âge de retraite tire le diable par la queue et peine à finir le mois sans avoir faim.

La proposition formulée par les patrons et les syndicats concernant la réforme de la prévoyance professionnelle est une première étape intéressante(4), mais n’est de loin pas encore suffisante pour permettre à chacun·e de vivre décemment.

Une réforme en profondeur du système de rentes est indispensable. Comme en Suisse, tout changement prend du temps, il faut démarrer maintenant pour espérer que nos enfants et non nos arrières petits-enfants bénéficient du nouveau modèle.

Le modèle AVS (1er pilier) a fait ses preuves. Il est simple dans son fonctionnement et sa gestion est en mains publiques ; ce qui n’est pas le cas du 2e pilier. Une fusion des deux piliers tout en gardant le modèle AVS aurait ainsi l’avantage de la simplification tant dans sa compréhension que dans son fonctionnement.

Cela permettrait de garantir une vie décente à l’âge de la retraite pour tou·te·s. C’est une de mes fortes motivations pour être candidate au Conseil national.