Le versant social du «vivre ensemble»

Le versant social du «vivre ensemble»

Article publié dans la Tribune de Genève du 27 août 2019

Difficile de présenter un livret d’intentions politiques personnelles alors que nous devrions tendre à construire ensemble un futur visant la préservation de notre planète, de notre Suisse. J’ai choisi de vous parler du versant social du vivre ensemble genevois et helvétique.

Genève est une diversité de population, une ouverture au monde et donc une inclusion des étrangers. Le projet pilote «Papyrus» est une réussite; 1846 personnes officiellement inexistantes sont devenu·e·s des personnes actives et participatives. Ce processus doit non seulement se poursuivre dans notre canton, mais se généraliser dans toute la Suisse.

La Genève internationale est primordiale, mais elle a besoin du soutien sans faille de la Confédération qui est l’interlocutrice officielle. La Suisse doit accroître son rôle diplomatique et s’investir plus fortement dans le développement de plateformes de réflexion et de création d’idées nouvelles dans le cadre de l’ONU et des ONG internationales (femmes, droits humains, agriculture…). Dans le même chapitre, l’aide au développement a besoin de s’intensifier pour atteindre le 0,7% du revenu national brut et non diminuer comme c’est le cas actuellement.

Le revers du dynamisme économique des entreprises coûte très cher au canton. Si les professionnel·le·s sont très vite engagé·e·s, il·elle·s sont aussi de plus en plus vite licencié·e·s et les qualifications exigées pour un poste de travail sont de plus en plus excluantes. Les clivages sont très nets entre ceux-celles qui entrent dans le marché et les autres qui vivent des situations précaires (travail temporaire, sur appel, ubérisé), qui en sont exclu·e·s. De nouvelles limites à l’exploitation des travailleur·se·s devront être posées sans délai à Berne et davantage de moyens pour des formations qualifiantes introduites dans la loi sur le chômage. L’instauration d’un revenu de base inconditionnel est à remettre au sommet de l’agenda politique.

Le défi en sécurité sociale de ces prochaines années sera de renforcer la couverture financière des personnes à la retraite. Je lutterai pour que la solidarité intergénérationnelle persiste et s’améliore. L’AVS et le 2e pilier devront être fusionnés afin de poursuivre le premier pas résultant de l’accord passé dernièrement entre les syndicats et les patrons.

 

 

En écho à la grève des femmes, mon action portera notamment sur la révision des allocations familiales afin qu’elles ne soient plus rattachées au travail des parents, mais à l’enfant. Si le système actuel peut convenir aux situations professionnelles stables, il est totalement inadéquat pour les personnes avec des statuts hybrides comme le travail sur appel ou les emplois temporaires. Pour ces gens-là, obtenir le versement des allocations familiales est un véritable gymkhana. Ma proposition est de créer une structure publique sur le même modèle que l’AVS.